mardi 8 septembre 2020

La mer est de retour

Grosse surprise en sortant de mon atelier lundi soir: une bonne partie de la banquise a débâclé dans l'après-midi. Je ne l'ai pas vu directement, avec le bruit des machines et la musique, je ne suis pas à l'écoute de la radio. J'ai eu du mal à réaliser ce qui s'était passé. Depuis le début, on a bien conscience qu'une tempête peut fragiliser la banquise mais le vent moyen et la neige de lundi ne pouvaient pas casser une glace aussi dure.

C'est un autre phénomène qui a causé la débâcle: une forte houle venu du large, des creux d'une dizaine de mètres, s'est propagé dans le pack puis dans et sous la banquise pourtant épaisse (plus d'1.20m), la casser et retrouver de l'eau libre au pied de l'île. Une situation sûrement très rare. Heureusement que personne
n'était dehors...


C'est plutôt embêtant: dans les semaines qui arrivent, nous devons transporter 480m3 de gasoil entre la piste du Lion et le cap Prud'homme (5km), avec un tracteur Challenger, une dameuse Kässbohrer et des cuves de 12m3, en roulant sur la banquise. Une partie de la route de glace créée la semaine dernière est partie au large et nous oblige à trouver un autre chemin et rajoute du travail à Corentin et à Pol, nos conducteurs d'engins. Ce carburant doit servir à alimenter le Raid et servira à la station de Concordia, c'est donc une opération très importante, qui justifie une partie de notre présence ici.
Les véhicules ont été déshivernés et rapatriés de Prud'homme la semaine dernière, j'ai aidé au redémarrage et au déneigement de la dameuse pour une matinée. Avec -20°c et du vent fort, ce n'était pas une partie de plaisir...
Ouverture de la route sur la banquise
Rapatriement du Challenger le lendemain

Deuxième effet de la débâcle: les sorties loisirs seront nettement moins longues pour le moment. Avec l'approche de l'été, nous ne retrouverons certainement pas une banquise aussi solide et aussi sûre. Je ne vais pas me plaindre, j'en ai bien profité au début de l'hiver et depuis début du mois d’août avec une promenade quasiment chaque week-end. J'ai bien fait de ne pas attendre pour me balader loin. Le dicton: "En Antarctique, pas de pronostics" a encore prouvé sa justesse.


Il faut quand même apprécier le changement de paysage. Depuis mars, nous ne voyions que le blanc de la glace à perte de vue. C'est intéressant de redécouvrir un nouveau point de vue. Nous aurons aussi peut être la chance de voir des manchots empereurs sauter dans l'eau ou en surgir, ou bien peut être un léopard de mer.


Le bureau technique
Dans un autre registre, les travaux du Bureau technique/Météo sont enfin (presque) terminés! Il me reste deux meubles à fabriquer: un rangement dans le couloir pour la météo et un agencement pour cacher deux anciens poteaux en fibrociment (avec sûrement de l'amiante), qui recevaient anciennement des instruments scientifiques, et les transformer en mini-cuisine (frigo, micro-onde et plan de travail).
Les poteaux bleus à cacher
La salle "rescue", avec le matériel de secours
 J'ai passé les dernières semaines d’août à poser des baguettes, des plinthes, des habillages, des cache-misères, à modifier des meubles... C'était parfois pas très simple de partager le peu d'espace de travail restant avec les électriciens, la météo, l'informaticien... Je dois dire que je suis assez content de me retrouver un peu au calme dans mon atelier.
On attend maintenant que les chefs nous offre le champagne pour l'inauguration!


3 commentaires:

  1. Beau travail mon fiston, tu vas être au top pour finir ton chantier en Haute-Savoie...;-)
    La débâcle marque encore une étape dans ton année si particulière.
    Profites bien de tous les instants, les bons comme les moins bons.
    Remplis ta tête de souvenirs.
    Gros bisous de nous deux.

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  2. Félicitations à vous pour le travail que vous effectuerez 🤩

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